Formation des prix des médicaments orphelins: critères de l'OFSP
Pour l'admission dans la liste des spécialités, l'OFSP examine l'efficacité, l'adéquation et le caractère économique. Ce dernier est apprécié par la comparaison avec les prix pratiqués à l'étranger et par la comparaison thérapeutique.
Quels critères l'OFSP applique-t-il?
L'Office fédéral de la santé publique examine l'efficacité, l'adéquation et le caractère économique d'un médicament avant son admission dans la liste des spécialités. Le caractère économique est apprécié au moyen de deux instruments: la comparaison avec les prix pratiqués à l'étranger et la comparaison thérapeutique avec d'autres médicaments.
Les trois critères sont examinés conjointement. Un bénéfice thérapeutique démontré ne dispense pas de l'appréciation du prix, et un prix bas ne compense pas une preuve d'efficacité insuffisante. Pour les médicaments orphelins, c'est le volet économique qui soulève le plus de questions méthodologiques.
Comment le prix public se compose-t-il?
Le prix public inscrit dans la liste des spécialités comprend le prix de fabrique, la part relative à la distribution et la taxe sur la valeur ajoutée. Cette structure explique pourquoi une négociation sur le prix de fabrique ne se répercute pas un pour un sur le prix affiché au patient ou à l'assureur.
| Composante | Signification |
|---|---|
| Prix de fabrique | Part revenant à la titulaire de l'autorisation |
| Part relative à la distribution | Rémunération de la distribution et de la remise |
| Taxe sur la valeur ajoutée | Impôt indirect compris dans le prix public |
Pour la planification, il importe de distinguer clairement les deux niveaux. Les comparaisons internationales portent sur le prix de fabrique, tandis que le débat public sur les coûts porte généralement sur le prix public, ce qui rend les chiffres difficilement comparables entre eux.
Comment fonctionne la comparaison avec les prix à l'étranger?
La comparaison avec les prix pratiqués à l'étranger confronte le prix demandé en Suisse aux prix du même médicament dans des pays de référence. Elle suppose que le médicament soit effectivement disponible et comparé dans ces pays, condition qui n'est pas toujours remplie pour une thérapie récente contre une maladie rare.
Lorsqu'un médicament est autorisé d'abord en Suisse ou n'est commercialisé que dans peu de pays, la base de comparaison est mince. L'appréciation se déplace alors vers la comparaison thérapeutique, avec les difficultés propres à ce second instrument.
- Disponibilité effective du médicament dans les pays de référence.
- Comparabilité du dosage, de la forme et du conditionnement.
- État de la commercialisation au moment de la demande.
- Documentation des prix retenus pour la comparaison.
Pourquoi la comparaison thérapeutique est-elle difficile?
La comparaison thérapeutique confronte le médicament à d'autres traitements de la même indication. Pour les médicaments orphelins, les comparateurs manquent souvent, parce qu'aucune thérapie établie n'existe dans l'indication. La comparaison thérapeutique devient alors difficile à mener, et l'appréciation du caractère économique perd son point d'ancrage habituel.
Cette situation n'est pas une exception marginale dans le domaine des maladies rares: elle est structurelle. C'est précisément dans les indications sans traitement disponible que l'autorisation est la plus attendue, et c'est là que l'instrument de comparaison est le moins opérant.
Il en résulte une charge accrue pour la requérante. Plus la comparaison directe est faible, plus la documentation du bénéfice clinique, de la population traitée et de la durée de traitement doit être précise, puisque c'est sur cette base que la discussion du prix se mène.
Quel rôle jouent les modèles de prix?
Les modèles de prix avec restitutions sont répandus pour les médicaments orphelins. Ils permettent de fixer un prix de liste tout en convenant de restitutions à l'assurance, ce qui laisse une marge de manoeuvre lorsque la comparaison avec les prix étrangers et la comparaison thérapeutique ne conduisent pas à un résultat clair.
Pour la titulaire de l'autorisation, cela signifie que la négociation ne porte pas seulement sur un montant, mais sur une construction: prix de liste, mécanisme de restitution et conditions de son déclenchement. Ces éléments doivent être cohérents avec l'information professionnelle et l'éventuelle limitation.
- Préparer le dossier d'efficacité, d'adéquation et de caractère économique.
- Documenter la comparaison avec les prix pratiqués à l'étranger, avec ses limites.
- Justifier la comparaison thérapeutique ou l'absence de comparateur.
- Proposer, le cas échéant, un modèle de prix avec restitutions.
- Accorder le prix de liste, la limitation et l'information professionnelle.
Quel lien avec le remboursement au cas par cas?
Tant qu'un médicament ne figure pas dans la liste des spécialités, le remboursement passe par les art. 71a à 71d OAMal, avec garantie spéciale de l'assureur après consultation préalable du médecin-conseil. La formation des prix selon la procédure de l'OFSP et le cas par cas sont donc deux mécanismes distincts.
Cette distinction a une portée pratique. Une prise en charge obtenue au cas par cas ne fixe aucun prix de liste et ne lie pas les cas suivants, alors que l'admission dans la liste des spécialités crée un prix publié et une obligation générale de remboursement dans les limites de l'éventuelle limitation.
Pour une entreprise, les deux voies se préparent avec la même base de preuves mais des livrables différents: un dossier d'admission destiné à l'OFSP d'une part, des documents utilisables par les équipes soignantes pour les demandes de garantie d'autre part.
Questions fréquentes
Quels critères décident de l'admission dans la liste des spécialités?
L'OFSP examine l'efficacité, l'adéquation et le caractère économique. Ce dernier est apprécié par la comparaison avec les prix pratiqués à l'étranger et par la comparaison thérapeutique. Les trois critères sont examinés conjointement, aucun ne compensant la faiblesse d'un autre.
Que comprend le prix public?
Le prix public comprend le prix de fabrique, la part relative à la distribution et la taxe sur la valeur ajoutée. Les comparaisons internationales portent sur le prix de fabrique, ce qui rend les chiffres de prix publics difficilement comparables d'un pays à l'autre.
Pourquoi la comparaison thérapeutique pose-t-elle problème pour les médicaments orphelins?
Parce que les comparateurs manquent souvent: dans de nombreuses indications rares, aucune thérapie établie n'existe. La comparaison thérapeutique devient alors difficile à mener, et la documentation du bénéfice clinique et de la population traitée prend davantage de poids.
Les modèles de prix avec restitutions sont-ils usuels?
Oui, ils sont répandus pour les médicaments orphelins. Ils combinent un prix de liste et des restitutions convenues avec l'assurance, ce qui laisse une marge lorsque la comparaison avec les prix étrangers et la comparaison thérapeutique ne donnent pas de résultat clair.
Un remboursement au cas par cas fixe-t-il un prix?
Non. Le remboursement au cas par cas selon les art. 71a à 71d OAMal porte sur un traitement concret, après garantie spéciale de l'assureur. Il ne crée ni prix de liste ni obligation générale de remboursement et ne lie pas les cas suivants.